BLEKLEROC

Montreux

En Ballade à Montreux



Montreux sous le soleil de mars,
Une longue marche au bord du lac
Allonge mon pas vers la place
Ou se balance le grand bac.

Du casino au petit port,
S’étendent parterres et jardins,
Mille couleurs jaillissent alors,
Seront les senteurs de demain.

Sculptures d’herbe si bien taillées,
Des animaux de végétaux,
Ne dureront pas des années,
Comme éphémères fanés si tôt.

Premiers émois de la nature,
Quelques névés sur les hauteurs,
Ultimes marques de froidure,
Que narguent les tapis de fleurs.

Ces jours ou l’onde reste sage,
Multiples coques et voiliers,
Croisent non loin du beau rivage,
Dans les reflets de liberté.

Eclatante blancheur des cygnes,
Une famille immaculée,
Avance en ligne gracieuse et digne,
Fierté empreinte de majesté.

Que de pensées en mon esprit,
Bousculent et montent en bouffées,
Quand le printemps s’annonce ainsi
Et nous invite à le fêter.

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Coules

Coules, cries et voles

Encore une sale année me laissant fatigué,
Encore une sale journée ou je me sens usé,
Encore un sale chemin s’enfonçant dans l’ennui,
Encore un sale refrain lancinant comme la pluie.

Ce refrain qui remet mon moral à zéro,
Ce refrain qui planant au dessus de mon âme,
Ce refrain va et vient et surcharge mon dos,
Ce refrain crie soudain assourdissant vacarme.

Et je coule, coule, coule.
Et viens vers moi
Toi qui peut transcender mon indicible émoi.

Je t’ai vue ce matin dissipant mes soucis,
Je t’ai vue , pas léger sur l’onde de mes rêves,
Je t’ai vue comme un voile qui ondule sans plis,
Je t’ai vue tendrement et depuis c’est la trêve,

Se peut-il que tu sois la déesse espérée,
Se peut-il que je croie au charme, à la folie,
Se peut-il qu’avec toi cela dure des années,
Se peut-il qu’avec moi tu sombres dans l’envie.

Et je crie, crie, crie.
Et viens vers moi,
Toi qui veut accéder aux bonheurs de la vie.

Depuis que tu existes, un éternel printemps,
Depuis que tu existes, s’étends et je respire,
Depuis que tu existes prends l’espace et le temps,
Depuis que tu existes, dans la joie je chavire.

Danses en moi comme un feu et réchauffes mes sens,
Danses en moi frôles et brûles et consumes mon corps,
Danses en moi et oublies dans un plaisir intense,
Danses en moi pour qu’ainsi je puisse t’aimer encore.

Et je vole, vole, vole.
Et viens vers moi,
Toi qui veux sublimer ce qui était écrit.

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Si jeune

Si jeune, trop jeune.



Elle est si jeune, si frêle et n’a jamais aimé,
Et comme une hirondelle frôle les alizés,
Son corps tout en souplesse ondule dès l’aurore,
Son cœur tout en caresses promet tant de trésors.

Sa jupe si légère s’élève en tournoyant,
Glissant dans les fougères soudain disparaissant,
Images que parachèvent  sa grâce, son rire, ses formes,
Mes espoirs et mes rêves sont déjà si énormes.

Je ne sais la décrire, les mots semblent désuets,
J’adore par elle souffrir, j’apprécie ses excès,
Vibrer et sans mesure céder à ses caprices,
Lorsque sa bouche susurre des mots sans artifices.

Est-elle cheveux au vent et parfois parsemés
Des petites fleurs des champs comme étoiles semées,
Ses yeux couleur pastel et ses lèvres de sang,
Sa nuque au goût de sel me plongent en océan.

Inutile de vanter les beautés de son corps,
Il n’est que mots sorciers qui puissent les dire alors,
C’est comme un tourbillon dans lequel je vacille,
Comme un trait de crayon ou la souple brindille.

Moi l’âge des vieux chênes, toi tu es la rosée,
J’ai vécu tant de haines et tu n’es que pureté,
Tout ce qui nous sépare est la trace du temps,
Car elle n’est pas avare d’user les sentiments.

Merveille des merveilles, chimère inaccessible,
A nulle autre pareille, mon amour impossible
Pars et envoles toi, au loin prends ton essor,
Tu ne seras à moi que le jour de ma mort.

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Las de t’attendre

Las de t’attendre

A t’attendre en rêvant pendant toutes ces années,
Si j’ai perdu mon temps et mon cœur, abîmé,
Qu’à moi seul je n’en veux et n’ose aucun reproche,
Jamais ne serons deux, mais resterons tout proches.

Tu m’aimais bien sans doute, mais jamais n’a osé,
Avec moi sur la route de la vie t’engager.
C’est donc à moi soudain de prendre une décision,
Pour nous plus de demain mais la séparation,

Plus jamais une larme plus jamais un poème,
Je dois rompre le charme et ne plus dire je t’aime,
Faut-il donc tant souffrir après t’avoir aimé,
Et penser à mourir plutôt qu’être damné.

Voici bien des années que tu me tiens ainsi,
Et d’avoir patienté j’ai perdu tout esprit.
Faire vite maintenant car s’écoulent les jours,
Avant d’avoir cent ans pour retrouver l’amour.

Prends ta place en mon cœur, laisse toi endormir,
Et que jamais ne meure l’image de ton sourire.
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Clin d’œil

Clin d’œil

Un clin d’œil si coquin
Que je volerais bien,
Offert à mon regard
Ce n’est pas un hasard.

Quelques boucles au soleil
De la couleur du miel,
Aux senteurs d’épices
Sur son épaule, glissent.

Un petit cul tout rond
M’enchante et fait des bonds,
Chemin des sentiments
Sous son jupon volant.

Deux jolis sucres d’orge
Mouvants sans soutien-gorge,
Vers le ciel pointés
Affolantes pensées.

Ses courbes et douces pentes
Promène languissante.
Et des hanches bien faites
Balancent ses fossettes.

Descente vallonnée,
Mousse de soie bouclée,
Folies, jeux éperdus
Au cœur de l’inconnue.

Ouvrant les yeux soudain,
Telle que je la dépeint
Elle est là devant moi,
Et je deviens sa proie.

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Mes chers amis les mots

Mes chers amis les mots

Absent, devant la page blanche,
Regard perdu dans le lointain,
Bloqué n’aboutissant à rien
Espère les mots en avalanche.

Et le temps passe et rien ne vient,
Souvent les idées me traversent
Mais n’aboutissent comme l’ivresse,
Alors qu’à me laisser éteint.

Là, un détail fait démarrer
Et s’activer deux ou trois mots,
Surtout n’en demandons pas trop,
Tout pourrait alors s’affoler.

Puis vient le rythme d’écriture,
Parfois rapide et parfois lent,
S’ils accélèrent comme je les sens,
Mes vers sont chargés de ratures.

Tout se bouscule malgré moi,
Et j’essaie de canaliser,
Sonnets et quatrains dont les pieds
S’en vont bien souvent de guingois.

C’est toujours ainsi que commence
L’assemblage de mes chers amis,
Ces mots qu’enfin je réunis
Sur le papier comme je les pense.

Et c’est empli
De belles joies
Qu’encore une fois
J’aime la vie.

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Le rêve sur la jetée

Le rêve sur la jetée 

Sait-on jamais quand et comment
Commence le rêve de votre vie ?
S’il se fera pour vous  tourments,
Ou passion amour et folies !
__________

Voici ce qui m’est arrivé
Lorsque j’avançais à l’écart,
Par une journée ensoleillée
Sur la jetée près du grand phare.

Le petit port semblait bien calme,
Les mats chantaient dans la risée,
Assise, je la vis en larme
Attendant d’être consolée.

Son doux visage sur ses genoux,
Longues jambes tenues dans ses mains,
Si ce qui se prépare est fou,
De s’en douter nous sommes loin.

Quand je m’approche, elle me regarde,
Dieu que ses yeux sont séduisants,
Ne pas résister à ce charme,
J’ose un sourire, elle me le rend.

Penché vers elle, ma main tendue
Qu’elle saisit, pauvre de moi,
Mon cœur affolé n’en peut plus,
Vite blottie entre mes bras.

Quelques secondes et pas un mot
Ont suffit pour nous enlacer,
Les yeux dans les yeux c’en est trop,
Nous sommes au milieu du brasier.

Et là ! à cet instant précis !
S’offre à nous le choix de l’amour,
S’ouvre la fleur ou se flétrit ?
Sommes nous passade ou toujours ?

__________

Sait-on jamais quand et comment
Finit le rêve de votre vie ?
Ne patientez  pas un instant,
Perdez vous dans son infini !

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Petit bonhomme

Petit bonhomme


A voir passer le temps sans jamais maîtriser
Les joies et les tourments m’amène à repenser.
Tout commence à paris la cité idéale
Pour former à la vie un petit homme banal.

D’un caractère trempé bien caché en son âme,
Durci comme l’acier par tant de petits drames,
Il grandit d’expériences, apprend l’autonomie,
Attend l’adolescence en une belle harmonie.

Famille d’employés en pleine évolution,
Pour père un ouvrier devenant un patron,
Ses frères et sœurs en font un bonhomme docile,
Qui prend ses décisions mais les cache, bien habile.

L’école et le collège ne l’intéressent pas,
Ni les profs ni leurs pièges ne peuvent le mettre au pas,
Les copains les amis sont son seul credo,
La période de sa vie ou il fait toujours beau.

Une grande passion le dévore déjà,
Qui plus que de raison du bonheur donnera,
Il l’aura dans la peau, ne la quittera plus,
Elle s’appelle moto, il paiera son tribut.

Timide devant les filles et pourtant si sensible
A leur charme il frétille en les prenant pour cible,
Il est parmi son clan celui qui réussit
Ses approches en charmant les jupons attendris.

Après quelques années c’est un adolescent
Qui bien que malmené a son tempérament.
Puis avant ses vingt ans arrive par surprise
Le premier des enfants qui le mène à l’église.



Et le voilà marié à sa meilleure copine,
Il n’a plus qu’à trimer, à suer sur sa machine,
Très vite il doit comprendre qu’il n’y a d’autre issue,
Au travail doit se rendre, il n’en sortira plus.

Trente ans de privations, de joies et de malheurs,
Au final lui vaudront plus de peines que d’honneurs.
Quatre enfants quatre femme marqueront à jamais,
Comme tant de petits drames le gamin qu’il était.

Perdus tous les fous rires, les farces aux camarades,
Les folies les frissons et toutes les déconnades ;
Il devra des années subir toutes les attaques,
Les soucis, les corvées qui chargeront sa barque.

Au demi siècle allant, pliant sous le fardeau,
Il pense qu’en fuyant, ailleurs il fait plus beau.
Les dix ans qui suivront au travail allégé
Jamais n’enlèveront responsabilités.

Il aimerait bien partir, il en a le courage,
Pour ne plus revenir poser là son bagage.
Son grand frère retrouver, qui l’attend quelque part,
Tous les deux balader leurs carcasses à l’écart.

Mais encore et toujours le sens du devoir,
Les siens et son amour l’obligent à surseoir,
Il doit finir ainsi ce qu’il a commencé,
Accompagner aussi ses deux petits derniers.

Ne pas laisser perdue sa belle pour qui il craint,
Dans les sentiers tordus lui ouvrir le chemin.
Il souffre et c’est dommage il a tant à donner,
Mais dans son entourage on ne sait l’apprécier.

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Donner & Partir

Donner & Partir

Pour toi, j’aurais voulu donner
Tout mon amour comme richesse.
De toi je n’aurais résisté
Un seul instant à la caresse ;

Mais si de vivre en chérissant
Oh ! mon amour tendre et pudique,
N’est que survivre languissant
De ne plus te voir , toi, l’unique,

J’offre à qui veut mon âme accorte
Et me soucie peu de la perdre ;
Perdue, éperdue mais bien morte,
Que plus jamais elle ne serve.

Mourir de toi me semble aisé,
N’être que moi, sans être tien ;
Partir va me rendre léger,
Je meurs et jamais ne reviens.

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Nos chiens

À nos chiens

Rocky & Baron

Toujours prêt à jouer, voici mon doux boxer !
Toujours prêt à bondir, voici mon Rottweiler !
Bien loin de notre terre, sont nos meilleurs amis,
Puissions en souvenir les retrouver ainsi :

Frêles boules de poils aux pas mal assurés,
Vous rouliez sous la table dans de folles pirouettes ,
Le silence venant, nous devions nous méfier,
De quelques saletés laissées sur la moquette.

Rien ne vous arrêtait, pas même un bout de bois,
De nos meubles, friands vous adoriez les pieds,
Tout en nous regardant pour imposer vos lois,
Grogniez et mordilliez de vos dents acérées.

Vous nous avez donné tant de belles parties,
Courant, sautant, grognant, petits crocs bien pointus,
Malins que vous étiez en apprenant la vie,
Quelquefois bien plantés dans notre individu.

Nous vous avons soignés et même un peu dressés,
Vous trottiez près de nous, tête droite poil luisant,
À votre âge moyen  faisiez notre fierté,
Pleins de force et d’entrain, si sveltes et si puissants.

Adultes devenus, vous nous avez servi ;
Sans vouloir nous quitter, comme fous de vos maîtres,
Vous auriez j’en suis sûr sacrifié votre vie,
Empli de cet amour qu’aucune peur n’arrête.

Petits museaux humides vous veniez nous chercher,
D’un coup de tête adroit nous disiez « je suis là »,
Sautant sur nos épaules  pour nous en imposer,
Et d’un grand coup de langue on ne réchappait pas.

Toi Rocky, victime de produits dangereux,
Laissés dans la nature, ainsi empoisonné,
Tu es parti trop vite, faisant rougir les yeux,
De celle qui ne t’a  toujours pas oublié.

Toi Baron, victime d’humains irresponsables,
 Comme tu as souffert  de leur acte insensé,
Après un abandon oh combien regrettable,
Auprès d’un nouveau maître je t’ai su bien traité.

Nous pensons bien à vous au paradis canin,
Un os dans la gueule comme immense trésor,
Quelques chiennes allongées attendant vos câlins,
Et vous pleins de fierté, leurs montrant votre port.

Allez, dormez en paix, mes amis, nobles chiens,
Nous restons pleins de vous et de belle tendresse,
Jamais nous n’oublierons quand vous veniez de loin,
Gambadant comme  fous pour chercher des caresses.
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Ma danseuse

Ma danseuse
    
Elle avait décidé de se remettre en cause,
J’étais là, virevoltant, une femme à mon bras,
Elle vint pour tournoyer rêvant de belles choses,
Je la vis et mon sang, à l’instant s’arrêta.

Il était évident pour moi de ne penser
Qu’à lui plaire et pourtant jamais ne l’aurais cru,
Il faut dire qu’ébloui je n’osais espérer
Simplement au milieu des autres, être aperçu.

Etre fort, fier et sûr de moi devenait vain,
Seulement désirer la tenir dans mes bras,
Pour avoir une chance de lui parler, soudain
Elle se trouva poussée sur la piste avec moi.

Un rêve prenait corps et j’avais la plus belle
Des femmes près de moi et caressais  sa main,
Qu’importe le passé, je ne voyais plus qu’elle,
Plus d’hier, plus d’avant, rien que des lendemains.

Ces jours éblouissants arrivèrent au galop,
Les plus beaux, les plus forts, enfin je les vivais,
Et lorsque je pensais que c’était un peu trop,
Je me le promettais, de l’aimer à jamais.

Aimer, c’est évident apporte joies et pleurs,
Depuis quelques années nous débattons ainsi,
Et si toutes les joies nous font souvent rieurs,
Les pleurs nous surprennent et nous plongent en souci.

Trop d’enfants, nièces, neveux, cousins, pères et mères,
Influent sur nos humeurs et souvent nous alarment,
Portant leur lots de cas provocant les colères,
Et ce bien malgré nous, rompent ainsi le charme.

Nous savons maintenant qu’il est lourd à porter
Ce fardeau de famille qui pèse en continu,
Si ce n’est l’un c’est l’autre ; ainsi la quantité,
Des proches multiplie les tensions mal venues.

Mais nous nous maintenons, soudés, même lointains,
Tous les coups, tous les vices, les maux de chaque jour,
Comme s’il n’y avait pour nous d’autre chemin,
Ne peuvent qu’aboutir à sauver notre amour.

Comme un voile nous entoure, nous lie et nous protège,
Ainsi l’un près de l’autre chaque épreuve nous resserre,
Lorsque le malfaisant, le malin nous assiège,
Nous unissons nos cœurs et la douleur nous sert.

Nous allons vers le beau, devant nous est l’Eden,
Quelques années encore d’épreuves et de malheurs,
Que nous surmonterons peut-être avec peine,
Le bonheur a un prix que renforcent les pleurs.

Tu seras, toi mon charme, l’idole de mon cœur,
Suprêmement aimée, chérie et protégée,
Ma danseuse, mon trésor et mon unique fleur,
Savourant ces doux fruits de patience, récoltés.
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Chienne d'histoire

Chienne d’histoire

     Petit chiot disparu
Je suis en inquiétude
Pourquoi as-tu couru
Changeant tes habitudes ?

Tu étais bien souffrant
Lové dans ma chemise,
Couché et reniflant
L’odeur de ma mise.

Tu t’es vite échappé
Trompant ma surveillance,
Par l’espace attiré
Pensant saisir ta chance

Si petit que tu es,
La truffe toute humide,
Ce soir il m’apparaît
Tout soudain un grand vide.

Es-tu encore vivant ?
Embarqué malgré toi,
Vers de sombres tourments,
Caché au fond des bois.

Car tous les prédateurs
Rôdant comme des loups,
Aspirent avec ardeur
À te saigner le cou.

De tes yeux suppliants
Inutile d’espérer,
La mort se présentant
Que je puisse te sauver.

Le petit chiot est mort,
J’y songe au fond de moi,
Je voudrais avoir tord
Pour repousser l’effroi.

Espérer qu’une famille
Nouvelle t’a adopté,
Et que ta queue frétille
Devant la bonne pâtée.

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Sales gosses

Soyez indépendants

Ce poids sur mes épaules qui jamais ne se lasse,
Echappe à mon contrôle et toujours me tracasse ;
Je le sens, je le sais présent et insistant,
Oh ! comme je le hais, lui et tous ses tourments.

J’en devine la cause et en suis responsable,
Car j’ai fait tant de choses quelquefois impensables,
Mais je me crois armé et depuis toujours, sûr,
De plus en plus blindé au fur et à mesure.

Le temps aime à durcir les âmes bien trempées,
La mienne a dû souffrir de toutes ces années ;
Mais alors, qu’en est-il, pourquoi ne puis-je pas,
D’une pensée subtile éloigner mes tracas.

De biens simples raisons m’écrasent constamment,
J’ai souffert de passion et ai fait quatre enfants,
Là est mon mal, le vrai, car il ne suffit pas,
Même si je l’ai fait, de créer à tout va.

C’est ainsi pour toujours et rien n’y changera,
Ils sont là mes amours et bien là croyez-moi !
Je dois pour m’apaiser les savoir à l’abri
Et ne plus m’inquiéter à leur moindre souci.

Je n’ai qu’une seule idée, un seul désir pour eux,
De les savoir forgés d’un acier victorieux,
Qu’ils aient la force en eux, d’affronter sans faiblir,
Etre des bienheureux, des sages pleins d’avenir.

Vous tous que j’aime tant, soyez un jour prochain,
Pleins d’entrain et d’allant, fiers, forts et sains.
Pour m’apaiser il faut, m’écouter mes enfants.
Je vous le crie bien haut, soyez indépendants.

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Marre des donzelles

Les donzelles

Regardez-les donc ces donzelles !
Qui vont, offrant leur ventre à l’air;
N’espérez pas qu’elles soient pucelles,
C’est en roulures qu’elles dégénèrent.

N’ont-elles donc plus foi en leur charme ?
Croient-elles qu’il faut pour nous séduire,
Tant dévoiler toutes leurs armes,
Et aboutir à nous faire fuir.

Car elles font peur, ça c’est certain,
Affolant notre timidité,
Par ce qu’elles cachent en leur sein,
Des germes d’insalubrité.

Pauvres minettes sans avenir,
Vous oeuvrez là, à votre perte,
Tous vos actes vont se traduire
Dans un malheur que rien n’arrête.

Et que dire de vos mères obscènes !
Ces éternelles adolescentes,
Comme des putains elles vous amènent
Vers une implacable descente.

On dit que c’est le monde moderne,
Je n’y crois pas il devient fou
Ce monde que vous rendez bien terne,
En déballant vos ventres mous.

Où sont passés vos doux sourires,
Regards de braise ou yeux fripons,
Du temps où nous pensions mourir,
Bercés de toutes nos illusions.

Nous espérions voir un genou,
Un bras, un cou, libres cheveux,
Habilement penchées vers nous,
Toutes dentelles sous nos yeux.

Si dans un élan hystérique
Nos mains couraient sous vos jupons,
Vous frissonniez, mais si pudiques,
Nous devinions que c’était non.

C’était le temps de la romance,
Délicates douceurs du temps,
Que l’on savait comme dans la danse,
Apprécier, nous les princes charmants.

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L'école

A mes Maîtres

Je viens à  vous mes maîtres  après cinquante années,
Vous rendre grâce  en fait, de m’avoir éduqué.

J’ai tant d’admiration pour votre sacerdoce,
Vous aviez comme un don pour maîtriser vos gosses.

Je vous revois, de face, d’une blouse habillés,
Régnant sur votre classe, fixant sans sourciller.

Et puis ce regard d’aigle qui me fixait de loin,
Du maître dont la règle s’abattait sur ma main.

Debout sur votre estrade, les mains croisées au dos,
Comme tous mes camarades, je vous craignais bien trop.

Mais c’était mieux ainsi, car pour tous ces potaches,
Vous avez réussi une si lourde tâche.

J’étais cancre , c’est vrai, mais pas imperméable,
Et grâce à vos bienfaits, j’ai retenu mes tables.

Même les fortes têtes vous doivent le salut,
C’est grâce à votre quête, d’exigence, qu’ils ont lu.

Certains sont devenus ce que vous espériez,
Des hommes de vertu, bien peu ont mal tourné.

Je vous dois tout mes maîtres, marqué de votre empreinte,
Ame forte et honnête, j’évolue hors d’atteinte.

Ce que j’ai réussi après toutes vos leçons,
Je vous le dois aussi grâce à votre instruction.

Dans votre paradis, reposez donc en paix,
Soyez loués et bénis, vous forcez le respect.

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