Si jeune
Si jeune, trop jeune. Elle est si jeune, si frêle et n’a jamais aimé, Et comme une hirondelle frôle les alizés, Son corps tout en souplesse ondule dès l’aurore, Son cœur tout en caresses promet tant de trésors. Sa jupe si légère s’élève en tournoyant, Glissant dans les fougères soudain disparaissant, Images que parachèvent sa grâce, son rire, ses formes, Mes espoirs et mes rêves sont déjà si énormes. Je ne sais la décrire, les mots semblent désuets, J’adore par elle souffrir, j’apprécie ses excès, Vibrer et sans mesure céder à ses caprices, Lorsque sa bouche susurre des mots sans artifices. Est-elle cheveux au vent et parfois parsemés Des petites fleurs des champs comme étoiles semées, Ses yeux couleur pastel et ses lèvres de sang, Sa nuque au goût de sel me plongent en océan. Inutile de vanter les beautés de son corps, Il n’est que mots sorciers qui puissent les dire alors, C’est comme un tourbillon dans lequel je vacille, Comme un trait de crayon ou la souple brindille. Moi l’âge des vieux chênes, toi tu es la rosée, J’ai vécu tant de haines et tu n’es que pureté, Tout ce qui nous sépare est la trace du temps, Car elle n’est pas avare d’user les sentiments. Merveille des merveilles, chimère inaccessible, A nulle autre pareille, mon amour impossible Pars et envoles toi, au loin prends ton essor, Tu ne seras à moi que le jour de ma mort.
Par Blek, Mardi 2 Mai 2006 à 21:41 GMT+2 dans Poésie (article, RSS)





